Territoire et santé dentaire

par | 25 Fév 2020 | Articles, Dents et santé | 4 commentaires

La notion de territoire, au sens large, est une grande clé menant à la compréhension des pathologies de la dent.

Comme je l’ai déjà expliqué dans un article sur l’allaitement, c’est la médecine chinoise qui est à la base de cette réflexion. En acupuncture, on dit que « le méridien du rein est le grand maître des liquides de l’organisme : il s’accomplit dans l’os et se révèle dans la dent ».

 

 

Méridien du rein, méridien des dents

La relation entre l’énergie du méridien du rein et les pathologies dentaires et parodontales passe par la notion de territoire, associée à l’émotion de la peur, comme l’explique ce schéma. La peur est l’émotion liée aux reins (organes) et c’est elle également qui régit l’énergie du méridien du rein.

Dans un monde où on doit être fort et où on ne doit avoir peur de rien, il est difficile de s’avouer quelques faiblesses. Les énergies non exprimées sont encore plus nocives pour le corps qui lui, ne ment pas et pourrait exprimer ses peurs par des caries dentaires.

Chez les enfants, c’est aux parents que cette vigilance est conseillée. Un enfant qui a des caries, a de forts risques de vivre une sensation d’insécurité dans une situation de sa vie. Il faudrait donc analyser cette situation avec bienveillance avant de le culpabiliser pour les bonbons qu’il mange surement pour calmer ses peurs…

Chez l’adulte, il serait prudent, devant une douleur dentaire persistante, récidivante et sans cause apparente, de penser à une somatisation prenant racine dans la notion de territoire, de peurs ou d’insécurité avant de prendre la décision thérapeutique irréversible de dévitalisation ou d’extraction. Le symbolisme dentaire, qui rattache chaque dent à une émotion particulière aidera à décoder la situation stressante, première étape pour lâcher la soupape !

Pour certains d’entre nous, cette notion de territoire n’est pas évidente. Afin que cela soit le plus clair possible pour tous, voici quelques exemples d’événements physiques, psychiques ou émotionnels ayant un impact, par l’intermédiaire de la notion de territoire sur l’énergie du méridien du rein, sur la santé dentaire et parodontale :

Le fœtus veut-il nous dire son sexe ?

Avant même de naître, le fœtus peut se sentir agressé par diverses investigations qui vont parfois au-delà du nécessaire. Est-il toujours indispensable de faire une échographie chaque mois ? Ne commençons-nous pas, déjà, à pénétrer dans le territoire du bébé, non pas pour son bien mais pour nous rassurer, pour contrôler ? Est-il vital de connaître le sexe de l’enfant avant sa naissance ? Qu’en pense le principal intéressé ? Ne lui volons-nous pas son secret ? Certains pardonneront la curiosité et l’impatience de leurs parents. D’autres partiront déjà dans la vie avec un compte à régler en puisant dans leur énergie du rein. Les dents de lait se formant à cette période (4°/6° mois de vie intra-utérine), leur émail a alors, de fortes chances d’être fragilisé.

La première dent

Les travaux de Rudolf Steiner nous font prendre conscience que la sortie de la 1ère dent est une étape importante de la vie de l’Homme. Il y a vraiment un avant et un après.

  • Avant, le nouveau né ne se différencie ni émotionnellement ni corporellement de sa mère. C’est pour cela que l’allaitement au sein, s’il est bien vécu par la maman, apporte à l’enfant beaucoup plus de positif qu’uniquement des anticorps.
  • Après la sortie de la première dent, l’enfant commence à prendre conscience de ses limites corporelles. Il réalise qu’il a un corps physique indépendant de celui de sa maman et qu’il peut le mouvoir au gré de sa volonté. C’est pour cela que la sortie de la 1ère dent est le signe du début du sevrage. Sevré à cet âge (entre 9 mois et un an), l’enfant est en situation cohérente par rapport à son évolution psychique et physique. Les modifications qui s’opèrent dans son corps après l’apparition de sa 1ère dent le poussent à l’autonomie (préhension, 4 pattes, marcher, parler) alors que l’allaitement au sein le garde « dépendant énergétiquement ». Si l’allaitement persiste plusieurs mois (voire années) après la sortie de la 1ère dent, l’enfant risque d’être perturbé dans l’acquisition de notions telles que « qui je suis, où je suis et où je vais ». Il pourrait être ralenti dans l’évolution de son rythme physiologique. L’espace que la vie lui offre pour grandir est partiellement occupé « énergétiquement » par la maman lors de l’allaitement. De plus, en continuant d’allaiter sur une longue période la mère a du mal à reprendre son rôle d’épouse au détriment de l’équilibre du couple. Le territoire de l’enfant, mais également celui des parents, est perturbé parfois au point d’aller affecter les structures les plus dures du corps : la dent. Les dents des enfants, mais aussi des parents…, deviennent fragiles et se déminéralisent.

La naissance des frères et sœurs

Autre drame territorial pour les aînés : l’arrivée du 2° enfant. Certains se remettent à faire pipi au lit pour marquer leur territoire. D’autres ont des caries dentaires pour dire qu’ils l’ont perdu. On trouve les mêmes réactions chez les n° 2 des familles de 3 enfants, celui qui a du mal à trouver sa place entre l’ainé et la petit dernier.

Dans la maison sans rage de dents (dedans)

Dés le plus jeune âge il est donc très important de mettre en place des règles simples qui apprendront aux enfants à délimiter leur territoire et à respecter celui des autres. La mise en place de ces règles renforcera leur énergie du rein et leur santé dentaire. Elle peut suffire à éviter les caries. Cette éducation sera également très utile pour affronter la vie sociale :

  • dès la naissance, frapper à la porte avant d’entrer dans la chambre du bébé,
  • apprendre à l’enfant à frapper avant d’entrer dans la chambre des parents,
  • ne pas ranger la chambre d’un enfant sans lui demander l’autorisation et encore mieux, ranger ses jouets avec lui en lui demandant où et comment il préfère,
  • exiger que les frères et sœurs se demandent la permission avant d’emprunter un jouet, un vêtement, un livre…
  • bien déterminer le domaine de chacun dans les chambres, la maison,
  • dans la maison, donner à chacun des responsabilités et veiller au respect des engagements,
  • consacrer à chacun, individuellement, un moment privilégié,
  • faire accepter que vous ayez aussi besoin d’un moment rien qu’à vous pendant lequel chacun peut s’occuper seul, dans sa chambre par exemple,
  • ne pas accepter que les jouets traînent partout dans toute la maison.

L’adolescence : croquer la vie à pleine dents

A l’adolescence, c’est souvent le non respect du territoire (initié pendant l’enfance) qui provoque les grands conflits. C’est dans ce respect que se forge la confiance réciproque qui permet à cette période difficile de la vie d’être un tremplin pour bien grandir. Les parents doivent lâcher prise sur le rangement de la chambre. C’est son territoire ! Par contre, il faudra être intransigeant sur le respect des parties communes et l’engagement de chacun au bon fonctionnement de la vie de famille. Ce sont les règles de base qui permettront à l’adolescent d’avoir une assise solide le jour où il décidera de s’en servir pour sa vie d’adulte. Un adolescent qui se sent respecté dans son territoire et qui est conscient de la confiance de ses parents, entrera dans la vie adulte « les reins solides » et pourra « croquer la vie à pleines dents » ! Vous voyez que les dictons ne sont pas dénués de sens.

Premières relations : à s’y casser les dents

Voilà donc notre jeune adulte qui part à la conquête du monde. Il n’a pas fini de se battre pour faire respecter son territoire sans empiéter sur celui des autres. Que ce soit une fille ou un garçon, dès les premières relations amoureuses, chaque partenaire sera inconsciemment sur la défensive afin de conserver sa personnalité, son individualité, son territoire au sein du couple. Quand deux êtres s’unissent pour former un couple n’a-t-on pas tendance à croire que l’on se sépare d’une moitié de soi-même pour s’unir à une autre moitié afin d’obtenir un couple ? « Votre chère moitié… » écrivait la Marquise de Sévigné au 17° siècle. On se souciait peu, à cette époque, de prévention dentaire et encore moins de la notion de territoire puisque le territoire de chacun était bien établi et faisait partie de l’ordre social : les femmes étaient à la maison assurant le quotidien pour le bien-être de la famille, se retrouvaient entre femmes au lavoir ou dans leurs salons ; les hommes travaillaient pour ramener de l’argent à la maison, se retrouvaient à la chasse ; les différentes classes sociales ne se mélangeaient pas ; les enfants étudiaient, jouaient et devaient grandir pour accéder au monde des adultes ; on voyageait et déménageait peu. Aujourd’hui tout est bien différent : chacun peut se sentir à sa place partout. Cela implique qu’à chaque changement on doive créer de nouveaux repères territoriaux et « s’enraciner » dans cette situation pour avoir les « reins solides » et ne pas « être sur les dents ». Puisque les conditions sociales sont différentes, le couple lui aussi se constitue sur de nouvelles bases. Ce n’est plus 0,5 + 0,5 = 1 mais 1 + 1 = 3 : un homme + une femme + une relation de couple. Lorsque l’enfant paraît, lui aussi doit faire sa place et les pères s’en sortent parfois avec une belle rage de dents.

Profession : on en prend plein les dents

Au niveau professionnel non plus nous ne sommes pas au bout de nos peines. Les relations avec les collègues, le patron, les associés, les concurrents, les domaines d’exploitation, mais également l’épanouissement professionnel, la reconnaissance sociale et financière que nous en retirons… tout est encore question de territoire.

Bien chez soi, bien dans ses dents

Bien sûr le territoire c’est aussi la terre, le pays. Les émigrés qui vivent mal leur déracinement ont beaucoup de caries.

Le territoire c’est aussi notre maison, notre bureau, notre chambre, nos placards, notre temps libre, nos pensées, notre corps, nos relations, bref tout ce qui contribue à la construction de notre ÊTRE. Rappelez-vous : la dent est la représentation du MOI.

4 Commentaires

  1. Martine

    Cela me parle beaucoup je ne pensais pas qu’il y avait une répercussion sur les dents. À présent je comprends pourquoi depuis la plus tendre enfance j’ai des problèmes de dents et oui je suis la troisième d’une famille de 7 enfants . Je n’ai jamais accepté d’avoir tous ses frères et sœurs.
    Merci de m’avoir éclairée, la colère n’est jamais passée.
    Je vais traîner mon fardeau jusqu’au bout et à force d’appuyer sur mes dents, je n’arrange pas les choses

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    • Catherine ROSSI

      Bonjour Martine Vous avez le choix aussi de passer à autre chose … Belle vie et bonnes dents

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  2. Maryse

    Merci pour cet article très éclairant pour moi. Je vais aller voir comment se portent mes reins, moi qui n’arrive pas à organiser certaines pièces de mon appartement pour me sentir bien partout
    Et il se trouve que depuis longtemps déjà, je voudrais déménager mais sans savoir où je souhaite aller m’installer, à part pour avoir de la nature autour de moi et des chouettes relations de voisinage. Tiens tiens! Y aurait – il une relation?

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    • Catherine ROSSI

      Belle opportunité pour courir vers vos rêves

      Réponse

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