Anomalie de l’émail : les causes

par | 5 Juin 2018 | Articles, Dents et santé, Soins Dentaires Naturels | 0 commentaires

Chez certains enfants, à l’âge de 6 ans, les premières dents définitives poussent déjà abimées, comme cariées. On pensait que la pollution était en cause mais on vient de découvrir que ces anomalies existaient déjà au moyen âge, des dents neuves abimées.

Chez l’enfant, des anomalies de structure de l’émail dentaire apparaissent parfois sur les 1ères molaires et les incisives permanentes. Ces dents toutes neuves sortent de la gencive déjà avec des taches et des trous comme si elles étaient cariées. Appelées hypo minéralisation des molaires et des incisives, MIH, ces lésions peuvent également toucher les 2e molaires temporaires qui poussent entre 2 et 3 ans.

MIH une catastrophe pour les dents

Ces anomalies peuvent provoquer des délabrements importants dont des caries sur les 1ères molaires permanentes, ainsi que des lésions inesthétiques sur les incisives centrales permanentes. Chaque génération de dentistes a trouvé une cause à ces perturbations de l’émail. On se rend compte aujourd’hui qu’elles ont toujours existé même si elles semblent de plus en plus fréquentes, car en fait, les causes de ces malformations de l’émail sont multiples et se potentialisent.

Les perturbateurs endocriniens

Des chercheurs ont mis en lumière le rôle des perturbateurs endocriniens (bisphénol A, dérivés de la dioxine etc…) dans la survenue de l’anomalie. D’autres facteurs contemporains sont incriminés tel que des antibiotiques utilisés dans la prime enfance. D’autres scientifiques estiment que des facteurs intemporels sont en jeu à l’exemple de prédispositions génétiques, d’infections, d’asthme ou d’hypoxie à la naissance.

MIH découverte au moyen âge

Une équipe internationale ainsi que des chercheurs de Bordeaux ont récemment apporté la preuve que les MIH existaient déjà à des époques où la pollution de l’environnement était bien moindre (en tout cas à une époque où le Bisphénol A n’existait pas). Des crânes et des mandibules étudiés dans des collections archéologiques du 15e au 18e siècle, ont montré la présence de 1ères molaires avec des anomalies de l’émail. Ce constat ne remet pas en cause la toxicité des perturbateurs endocriniens qui a été prouvé scientifiquement mais soulève l’hypothèse d’une cause plus générale ou multiples.

Lorsque je faisais mes études, il y a plus de 35 ans, on attribuait ces anomalies de l’émail à une maladie dans la 1ère année de la vie de l’enfant. On parlait d’une maladie qui aurait provoqué une forte fièvre. Il faut donc garder à l’esprit que l’étiologie des hypo minéralisations molaires et incisives est multifactorielles, que des facteurs dit intemporels sont incriminés comme des maladies de l’enfance ou des événements après la naissance, même si des facteurs actuels tels que les pollutions environnementales peuvent également avoir un impact important.

De nos jours on constate des MIH entre 2 et 40 % en fonction des populations étudiées, la moyenne étant d’environ 15 %.

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