La santé n’a pas de prix

par | 18 Sep 2017 | Articles | 0 commentaires

Le (petit) coup de gueule de Catherine

Je lis de temps en temps des articles vengeurs de journalistes qui s’indignent de constater que les soins dentaires sont si coûteux, que les prothèses sont hors de prix, que les soins parodontaux sont scandaleusement proposés abusivement.

 
Je comprends cette réaction car nous avons été nourris depuis des années à la médecine gratuite remboursée par la sécu. On croit que l’hôpital est gratuit et que seuls les praticiens des beaux quartiers parisiens sont autorisés à des prix élevés. Je réponds en général, qu’il faut cesser de penser que les soins de qualités vous sont offerts gratuitement par la nature.
La nature elle, nous a donné la santé gratuitement à la naissance, et nous sommes chacun responsables de la manière dont nous en prenons soin. Si nous ne prenons pas soin du cadeau précieux que nous a offert la nature, nous devrons en assumer les conséquences sur notre qualité de vie, mais également en assumer les conséquences financières. La solidarité sociale a des limites, celles de notre responsabilité.
Si le corps (et les dents) se dégradent, s’abiment et deviennent malades, c’est parce que nous n’en prenons pas soin comme il faudrait. Nous mangeons mal, nous ne faisons pas assez de sport, nous oublions la nature. On vit dans le stress et on se pollue volontairement (alcool, sucre, tabac, drogues, ondes, …). Le « bon sens » de nos anciens a vite disparu pour faire place à des malades victimes. Les maladies sont déposées sur le bureau du médecin (ou le fauteuil du dentiste) et le malade transfère au praticien la responsabilité de les guérir. Et attention si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes !!! Le médecin ou le dentiste sera étiqueté d’incompétent, certains iront même mettre quelques lignes acerbes sur internet dans la rubrique « avis » !
Au fur et à mesure que l’hygiène de vie globale de la population s’est dégradée, la société a du s’organiser et a créé des structures et systèmes pour prendre soin des malades. Il y a sans doute une époque où l’homme, grâce à une alimentation et une hygiène de vie plus saines, avait de meilleures dents mais certains devaient se déplacer longuement pour trouver un guérisseur ou un chamane qui déposait quelques onguents et quelques prières pour calmer la rage de dents (et dedans) ! Puis les barbiers ont troqué leurs rasoirs par des pinces et usaient d’un bon quart de niole pour faire taire le beuglant.
Mais certains ont cherché, années après années à améliorer le sort de ses pauvres édentés. Ce qui fait qu’aujourd’hui, vous pouvez accéder à des cabinets dentaires aseptisés, accueillants, demander une anesthésie (toujours gratuite) et profiter de soins et de techniques performants que le dentiste a souvent acquis lors de stages de perfectionnement durant ses week-ends et qu’il a financé à ses frais.
Demandez maintenant à un dentiste, si il pense que les nouvelles techniques qu’il vient d’étudier pour permettre à ses patients de ne pas mourir édentés n’ont aucune valeur ? Demandez-lui combien d’heures de travail il y a consacrées, d’abord pour les étudier et ensuite pour les mettre en pratique. Tout cela demande du temps et n’est pas gratuit ! Quant à imaginer que le curetage en cas de maladie parodontale ne représente aucune valeur ajoutée par rapport à un simple détartrage (comme j’ai pu le lire dans un magazine de santé bio) si ce n’est pour payer la Porche du dentiste (qu’il n’a généralement pas…) c’est de la naïveté (ou de la jalousie).
Depuis plus de trente ans que j’exerce mon métier avec passion, tous les jours, j’enseigne à mes patients comment se brosser les dents. J’ai écris un livre, j’écris des articles dans la presse, j’ai créé un blog (tout cela gratuitement) et malgré cela, la majorité d’entre vous a encore de la plaque dentaire sur les dents à la fin du brossage, ce qui crée des caries et enflamme les gencives. Comme si la majorité de la population devenait handicapée moteur quand il s’agit de manier la brosse à dent ou le fil dentaire…
Et combien de fois, dans votre vie avez-vous entendu dire qu’il faut faire au minimum 1 contrôle dentaire par an, même si on n’a aucune douleur ? Seulement moins de 20%  de la population le fait et ceux-là ont très peu de caries et généralement, ce ne sont pas eux qui se plaignent que les soins dentaires sont chers car ils font tout pour ne jamais en avoir besoin !
Pour information, l’arrivée d’Internet nous fait croire que tout est gratuit. Ne croyez pas cela. Quand c’est gratuit, c’est payant quand même. Vous ne trouverez pas de publicité sur le site Naturebiodental car je le finance intégralement avec de longues heures d’écriture bénévole et les bénéfices de mon cabinet dentaire. Je ne donne aux internautes que de l’info en accord avec mes valeurs et vous n’avez aucun effort à faire pour en bénéficier… Et si je fais cela c’est parce que tous les matins, en me levant pour aller travailler soit dans mon cabinet dentaire, soit à mon bureau d’écrivain, je suis dynamisée par le rêve d’une population avec une bouche et des dents qui seraient une valeur ajoutée pour la santé et la force de vie.
Pour en revenir aux soins parodontaux, (si décriés par ce même journaliste), si on veut qu’ils soient efficaces et qu’ils permettent de réellement sauver les dents de l’extraction, il faut y mettre le prix. Le prix c’est du temps et de l’argent. J’aimerai vous faire comprendre que mettre des produits en médecine naturelle, sur une gencive qui n’a pas été initialement nettoyée en profondeur par un curetage, c’est comme mettre du désinfectant dans les wc sans avoir pris la peine au préalable de tirer la chasse ou de mettre du déodorant tous les jours sans jamais prendre une douche !
Le nombre d’heures de soins, de contrôles, de nettoyages minutieux sous la gencive, entre les racines, autour des implants, dans les moindres recoins d’une bouche délabrée par la maladie parodontale est digne d’un marathon, de la course d’orientation. « Un tel curetage, Monsieur mais c’est du Koh Lanta ! » qui coûte cher, si on veut se démarquer de nos concurrents qui souvent répondent aux pauvres patients : « Moi Monsieur, si j’avais de telles dents, il faudrait sur le champ que je me les amputasse !! » et l’amputation (comprenez l’extraction suivie de la pose d’un appareil ou d’un implant) demande moins d’effort que la préservation qui ne peut pas relever de la seule abnégation des individus qui en ont fait leur métier c’est-à-dire les dentistes et parodontistes.
Alors oui c’est cher, très cher, mais le jour où vous découvrirez quel est le prix réel de la santé officielle, vous changerez d’avis. Le jour où vous saurez que pour chaque 1000 euros que vous payez à votre dentiste, son bénéfice n’est que de 200 euros avant impôts. Que lorsque vous payez une couronne 900 euros vous ne payez pas un bout de céramique mais un diagnostic, la taille d’une dent, le choix de la teinte adéquate, une empreinte, des frais de prothésistes, l’adaptation, le collage, l’équilibration de la couronne par rapport aux autres dents, le matériel qui permet tout cela ainsi que la stérilisation de l’environnement de soins. Il faut ajouter à cela le fonctionnement d’une entreprise et de ses employés, des prestataires, des fournisseurs, vous participer à l’économie d’une PME dont le dentiste n’est qu’un acteur et pas le principal bénéficiaire mais en tout cas le principal créateur de revenu.
Avec la polémique de l’ « accès aux soins pour tous », au plafonnement du prix des prothèses dentaires sans aucune valorisation du prix des soins et une indifférence complète des actes de prévention, le gouvernement tire la qualité des soins dentaires (et médicaux en général) vers le bas, mettant la santé de la population en grand danger.
Car, vous qui êtes lecteur de NatureBio Dental vous savez que 80% des maladies ont une origine plus ou moins directe avec une pathologie dentaire. Quoi que l’on tente de vous faire croire, les dentistes ne sont pas tous des escrocs et c’est grâce à la majorité d’entre eux que les français n’ont plus aujourd’hui le sourire de Monsieur Ouille (dit Jacouille dans les visiteurs).
Et bien quand vous comprendrez tout cela, peut-être (ou peut-être pas) que vous vous direz que, tous comptes faits, 3000 euros pour sauver ses dents ce n’est pas si cher que ça.
N’oubliez pas que CPAM signifie Caisse Primaire d’Assurance Maladie. N’attendez pas que l’Etat vienne à votre secours, si vous voulez rester en bonne santé retrouvez votre « bon sens », prenez soin de vous, reprenez vos responsabilités et si nécessaire comprenez que vous aurez besoin de la CPAS (Caisse Primaire d’Assurance Santé) qui est votre porte monnaie… naturellement !

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